⚖️ Normes, hypocrisie et inversion : La morale en vitrine, l'injustice en coulisses
📑 Sommaire
- Introduction
- 1. Les normes : protection affichée, réalité inversée
- 2. Double peine : produire sous contrainte, consommer sans protection
- 3. MERCOSUR : le révélateur d'une règle asymétrique
- 4. Quand la loi se retourne contre ceux qui obéissent
- 5. Nourriture "pure" : un principe spirituel et social
- 6. La mesure et la balance : justice, pas vitrine
- 7. Fin de cycle : l'inversion comme signe (sans folklore)
- 8. Que faire ? Reprendre le contrôle, localement
- Conclusion
Introduction
On nous dit : "les normes protègent la santé", "les normes protègent la nature", "les normes garantissent la qualité". Sur le papier, c'est logique. Dans la réalité, un paradoxe devient visible :
- les producteurs locaux supportent le poids des règles,
- les consommateurs ne reçoivent pas toujours la protection promise,
- et des produits importés échappent à l'équivalent exact des contraintes imposées ici.
👉 Quand la règle existe, mais qu'elle ne protège plus ceux qui lui obéissent, ce n'est plus un "ordre". C'est une inversion.
Objection anticipée :
« Mais c'est du protectionnisme ! » dira-t-on. Non. C'est la cohérence minimale : si une règle est juste, elle doit s'appliquer à tous. Sinon, elle n'est qu'un outil de contrôle économique déguisé en préoccupation morale.
1. Les normes : protection affichée, réalité inversée
L'Union européenne impose à ses producteurs (agriculture, élevage, transformation) :
- des normes sanitaires strictes,
- des exigences environnementales,
- de la traçabilité totale,
- des coûts de conformité élevés.
Mais dans le même temps, une partie du marché européen se remplit de produits importés dont les conditions de production ne sont pas strictement équivalentes.
Hypocrisie centrale :
On impose une règle au producteur local… puis on achète à l'extérieur ce qu'on interdit chez soi.
La norme devient une vitrine morale plus qu'une protection réelle.
1.1. Exemples concrets : quand les faits parlent
Viande bovine brésilienne :
- En 2017, scandale de la viande avariée au Brésil : des dizaines d'usines impliquées dans la falsification de dates de péremption, corruption d'inspecteurs sanitaires.
- Malgré cela, l'UE continue d'importer massivement de la viande brésilienne (plus de 100 000 tonnes/an).
- Un éleveur français doit respecter des règles de bien-être animal, de traçabilité vétérinaire, de limitation d'antibiotiques… pendant qu'on fait entrer de la viande produite dans des conditions opaques.
Soja transgénique :
- L'UE interdit la culture de la plupart des OGM sur son sol.
- Mais elle importe massivement du soja OGM (plus de 30 millions de tonnes/an) pour nourrir son bétail.
- Résultat : le consommateur européen mange indirectement des OGM via la viande, les œufs, le lait… sans étiquetage clair.
Pesticides interdits en Europe :
- Certains pesticides interdits dans l'UE (paraquat, atrazine, etc.) sont toujours utilisés en Amérique du Sud.
- Ces mêmes pesticides se retrouvent dans les produits agricoles importés… que l'UE accepte pourtant.
- L'agriculteur européen, lui, perd sa récolte s'il utilise un produit interdit. L'importateur, lui, contourne la règle en achetant ailleurs.
Objection anticipée :
« Mais les importations sont contrôlées aux frontières ! »
Faux. Les contrôles portent sur un échantillon infime des volumes importés. Et même quand des contaminations sont détectées, les sanctions sont rares et les flux continuent.
2. Double peine : produire sous contrainte, consommer sans protection
2.1. Côté producteurs : la lente asphyxie
Respecter la règle signifie souvent :
- produire plus cher (+30 à 50% de coûts selon les filières),
- être moins compétitif face au low-cost importé,
- dépendre d'aides européennes pour survivre (PAC : 60 milliards €/an, dont une grande partie pour compenser l'asymétrie),
- voir disparaître les petites structures au profit des grands groupes qui peuvent absorber les coûts de mise aux normes.
Témoignage terrain (synthèse) :
« On nous demande de tracer chaque bête, de respecter des normes de bien-être, de limiter les antibiotiques… et pendant ce temps, la grande distribution achète de la viande venue du Brésil à moitié prix. Comment voulez-vous qu'on tienne ? »
— Éleveur bovin, France, 2024
2.2. Côté consommateurs : le choix impossible
Le consommateur, lui, se retrouve souvent face à un choix bancal :
- payer plus cher le local (quand il existe encore),
- ou consommer de l'import à bas prix, sans garantie réelle que les normes affichées soient respectées.
Résultat : perte de confiance généralisée. On ne sait plus ce qu'on mange. Les labels se multiplient, mais leur crédibilité s'érode. La confusion règne.
👉 Résultat : ceux qui obéissent paient (producteurs), et ceux qu'on prétend protéger (consommateurs) ne profitent pas toujours de la protection vantée.
2.3. Le système du Dajjal : confusion entre vrai et faux
Dans le Coran, cette confusion entre le vrai et le faux, le pur et l'impur, est précisément ce que produit le système du Dajjal (l'Antéchrist) :
« Il aura avec lui quelque chose ressemblant au Paradis et quelque chose ressemblant à l'Enfer. Mais ce qui ressemble au Paradis est en réalité l'Enfer, et ce qui ressemble à l'Enfer est en réalité le Paradis. »
Hadith — Sahih Muslim
👉 Lien avec l'article sur le Dajjal : l'inversion des apparences, où le mensonge se pare de vérité et la vérité est maquillée en mensonge.
3. MERCOSUR : le révélateur d'une règle asymétrique
Les accords de libre-échange avec le MERCOSUR (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) sont un révélateur parfait de cette hypocrisie structurelle.
3.1. Les chiffres qui dérangent
- 99 000 tonnes de viande bovine sud-américaine par an prévues dans l'accord (quota)
- Déforestation en Amazonie : 10 000 km² déboisés/an (équivalent de la superficie du Liban) pour l'élevage intensif
- Antibiotiques et hormones : usage massif d'hormones de croissance et d'antibiotiques interdits en Europe
- Empreinte carbone du transport : un steak qui traverse l'Atlantique en cargo = émissions massives de CO₂, alors qu'on impose des règles carbone strictes aux producteurs européens
3.2. Le jeu géopolitique : qui profite vraiment ?
Ce n'est pas juste "UE vs MERCOSUR". C'est un jeu de domination globale :
- Chine : premier acheteur de soja et viande brésilienne, impose ses conditions, tire les prix vers le bas
- USA : pratiquent un protectionnisme assumé ("America First"), tout en prônant le libre-échange pour les autres
- Brésil sous Lula : retour sur la scène internationale, mais continuation de l'agrobusiness destructeur
3.3. L'absurdité du système : exporter ce qu'on importe
Un principe de bon sens voudrait qu'un pays :
- S'aide lui-même d'abord : nourrir sa propre population avec ses propres ressources
- N'importe que ce qui ne peut être produit localement : café, cacao, épices… mais pas ce qu'on peut faire pousser ou élever chez soi
- N'exporte que l'excédent : une fois les besoins nationaux couverts
Mais on assiste à l'inverse :
- La France exporte du blé vers l'Afrique et le Moyen-Orient
- Puis importe du blé ukrainien ou canadien pour compenser
- Résultat : transport inutile, empreinte carbone démultipliée, déstabilisation des marchés locaux
Même logique avec la viande :
- L'Europe exporte de la viande de porc vers la Chine
- Et importe de la viande bovine du Brésil
- Alors qu'elle pourrait produire l'essentiel de ses besoins sur place
👉 Pourquoi vendre son blé à l'étranger pour en réimporter derrière, souvent avec des normes inférieures ?
C'est non seulement illogique économiquement, mais aussi incohérent écologiquement.
Le seul gagnant : les intermédiaires financiers et les multinationales qui profitent des flux.
3.4. L'hypocrisie climatique : champion du climat, importateur de déforestation
L'UE se positionne en "champion du climat" tout en :
- Important massivement des produits issus de la déforestation (poumons de la planète détruits)
- Faisant traverser l'Atlantique à des milliers de tonnes de viande en cargo (émissions carbone considérables)
- Imposant dans le même temps des taxes carbone, des normes énergétiques et des restrictions de circulation à ses propres citoyens et producteurs
👉 L'hypocrisie climatique est totale : on culpabilise le citoyen européen pour sa voiture diesel, tout en faisant venir de la viande qui a traversé 10 000 km en bateau.
C'est la définition même de l'inversion morale.
Point clé :
Une règle qui n'est pas commune cesse d'être une règle : elle devient un outil de domination économique.
Objection anticipée :
« Mais le libre-échange enrichit tout le monde ! »
En théorie, peut-être. En pratique, il enrichit surtout : les multinationales de l'agro-industrie, les intermédiaires financiers, et quelques grands propriétaires terriens. Pendant ce temps, les petits producteurs (ici et là-bas) sont broyés, et l'environnement détruit. Le "libre-échange" sans règles communes n'est que la loi du plus fort déguisée en vertu économique.
4. Quand la loi se retourne contre ceux qui obéissent
Dans une société saine, la loi a une mission claire :
- protéger le faible,
- empêcher l'abus,
- garantir une justice minimale.
Quand la loi :
- étrangle ceux qui la respectent,
- récompense indirectement ceux qui la contournent (à distance),
- et maintient seulement une façade "vertueuse",
alors on n'est plus dans la justice : on est dans la procédure sans âme.
👉 La loi devient une idole : on respecte la forme, et on trahit le sens.
4.1. L'avertissement prophétique
Le Prophète Muhammad ﷺ a mis en garde contre précisément ce type de perversion :
« Il y aura des gouverneurs : vous reconnaîtrez en eux le bien et vous y reconnaîtrez le mal. Celui qui les désapprouve sera innocent, et celui qui les déteste sera sauf. Mais celui qui les agréera et les suivra (sera coupable). »
On demanda : « Ne les combattrons-nous pas ? »
Il répondit : « Non, tant qu'ils prient. »
Hadith — Sahih Muslim
👉 Le système peut maintenir les apparences (prières = normes affichées), tout en trahissant la substance (justice réelle).
4.2. Le marchand véridique : un modèle inversé
En Islam, le commerce n'est pas condamné. Au contraire : le Prophète ﷺ était lui-même marchand. Mais le commerce juste repose sur la transparence et la réciprocité.
« Le marchand sincère et honnête sera avec les prophètes, les véridiques et les martyrs. »
Hadith — Tirmidhi
👉 Quand le système commercial repose sur l'opacité, l'asymétrie et la tromperie, il devient l'exact inverse de ce modèle prophétique.
5. Nourriture "pure" : un principe spirituel et social
Dans la tradition coranique, la nourriture n'est pas qu'une question de calories. Elle touche au pur (ṭayyib), à l'éthique, à la santé et à la justice.
« Ô vous les gens ! Mangez de ce qui est sur la terre licite et pur… »
Coran — Al-Baqarah 2:168
« Ô vous qui croyez ! Mangez des bonnes choses que Nous vous avons attribuées… »
Coran — Al-Baqarah 2:172
5.1. Qu'est-ce que le "ṭayyib" ?
Le terme ṭayyib (pur, bon) ne concerne pas seulement le "halal/haram" au sens rituel. Il englobe :
- La provenance : comment l'animal a été élevé
- La méthode : traitement éthique, absence de souffrance inutile
- La justice : le producteur a-t-il été payé justement ? Y a-t-il eu exploitation ?
- L'impact : destruction de l'environnement, corruption du système ?
5.2. Le principe "La Darar wa la Dirar" (Pas de mal, pas de réciprocité du mal)
« Ne causez pas de tort, et ne rendez pas le tort. »
Hadith — Ibn Majah, authentifié
👉 Importer massivement de la viande issue de la déforestation, c'est causer du tort à :
- L'environnement (poumons de la planète détruits)
- Les populations locales (tribus indigènes expulsées)
- Les producteurs locaux (concurrence déloyale)
- Les consommateurs (qualité douteuse, traçabilité opaque)
Ce n'est pas du "ṭayyib". C'est du khabîth (impur, corrompu).
👉 Quand un système prétend "sanitariser" le marché tout en important ce qui contredit l'esprit de ses normes, il produit une corruption silencieuse : la confiance disparaît, puis la cohésion sociale suit.
6. La mesure et la balance : justice, pas vitrine
Le Coran insiste sur la balance (mīzān), la mesure, et la justice dans l'échange. Ce n'est pas un détail moral : c'est un pilier de l'ordre social.
« Donnez la pleine mesure, et ne fraudez pas…
Pesez avec une balance exacte. »
Coran — Ash-Shu'arā 26:181–182
« Malheur aux fraudeurs…
qui, lorsqu'ils font mesurer pour eux-mêmes, exigent la pleine mesure,
mais qui, lorsqu'ils mesurent ou pèsent pour les autres, diminuent. »
Coran — Al-Muṭaffifīn 83:1–3
6.1. Explication du verset : un mécanisme systémique
Ce verset ne parle pas seulement de marchands malhonnêtes dans un souk du VIIe siècle. Il décrit un mécanisme systémique :
- « Lorsqu'ils font mesurer pour eux-mêmes » → Les pays riches exigent que leurs propres produits soient acceptés sans restriction (libre-échange quand ça les arrange)
- « Mais lorsqu'ils mesurent pour les autres » → Ils imposent des barrières, des normes impossibles, des quotas… quand c'est à leur avantage
👉 C'est exactement ce qui se passe avec MERCOSUR :
- L'UE demande que le Brésil ouvre son marché aux produits manufacturés européens (voitures, machines, etc.)
- Mais l'UE ouvre son marché à la viande brésilienne bon marché, tout en maintenant des normes strictes pour ses propres producteurs
- Résultat : deux poids, deux mesures
👉 "Deux poids, deux mesures" n'est pas seulement une expression : c'est un symptôme de désordre.
Quand la balance est faussée, la société s'empoisonne de l'intérieur.
6.2. Le principe de réciprocité juste
En Islam, l'échange commercial doit respecter une règle simple : équité et transparence.
« Ô vous qui croyez ! Ne vous entre-dévorez pas mutuellement vos biens de manière illégitime. Mais qu'il y ait du commerce entre vous, par consentement mutuel. »
Coran — An-Nisā' 4:29
👉 Consentement mutuel implique :
- Transparence sur ce qu'on échange
- Règles communes et respectées des deux côtés
- Absence de tromperie ou de domination
Quand l'UE impose à ses producteurs des règles qu'elle n'exige pas de ses fournisseurs, il n'y a ni consentement mutuel, ni transparence, ni équité.
7. Fin de cycle : l'inversion comme signe (sans folklore)
Dans les récits de fin des temps, il ne s'agit pas uniquement de catastrophes visibles. Un signe majeur est plus discret : l'inversion des fonctions.
- La loi existe, mais elle protège mal.
- La morale est affichée, mais elle sert de masque.
- La nourriture circule, mais la confiance disparaît.
- Ceux qui produisent sont méprisés, ceux qui spéculent dominent.
7.1. Les signes prophétiques de l'inversion
Le Prophète ﷺ a décrit avec une précision troublante ce mécanisme d'inversion :
« Lorsque l'on confiera les affaires à ceux qui ne les méritent pas, attends l'Heure. »
Hadith — Sahih al-Bukhari
« Parmi les signes de l'Heure : la disparition du savoir, la propagation de l'ignorance, la consommation du vin, l'apparition de la fornication. »
Hadith — Sahih al-Bukhari / Sahih Muslim
« Viendra un temps où le menteur sera cru, le véridique traité de menteur, le traître sera considéré comme digne de confiance, et l'homme de confiance sera traité de traître. »
Hadith — Ahmad, authentifié
👉 Application directe à notre sujet :
- Menteur cru : les entreprises qui prétendent respecter l'environnement tout en important de la déforestation
- Véridique traité de menteur : les lanceurs d'alerte, les agriculteurs qui dénoncent l'hypocrisie du système
- Traître considéré comme digne de confiance : les lobbies qui rédigent eux-mêmes les réglementations qui sont censées les encadrer
- Homme de confiance traité de traître : les producteurs locaux, taxés de "protectionnistes" quand ils demandent simplement la justice
7.2. Lien avec Sourate Al-Kahf et le Dajjal
👉 Lien avec l'article sur Al-Kahf et l'inversion des valeurs
Sourate Al-Kahf (La Caverne) décrit précisément ce phénomène d'inversion :
« Dis : "Voulez-vous que Nous vous apprenions ceux qui sont les plus grands perdants en œuvres ? Ceux dont l'effort dans la vie présente s'est égaré, alors qu'ils s'imaginent faire le bien." »
Coran — Al-Kahf 18:103-104
👉 Ceux qui croient "faire le bien" (protection de l'environnement, normes sanitaires) tout en produisant le contraire (destruction de l'Amazonie, concurrence déloyale).
C'est le système du Dajjal :
- Il présente le mal sous l'apparence du bien
- Et le bien sous l'apparence du mal
Lien direct :
Quand le système impose une "pureté" de façade, mais laisse entrer l'impur par la porte du commerce, il fabrique une époque où le vrai et le faux se mélangent.
C'est exactement le mécanisme de la fin de cycle : l'inversion devient normalité.
7.3. La responsabilité du berger
« Chacun de vous est un berger, et chacun est responsable de son troupeau. »
Hadith — Sahih al-Bukhari & Muslim
👉 Les dirigeants politiques sont des "bergers" du peuple. Quand ils sacrifient les intérêts de leur propre population pour des accords commerciaux qui profitent à une élite économique, ils trahissent leur amana (responsabilité confiée).
Et selon l'Islam, cette trahison n'est pas qu'une faute politique : c'est une faute spirituelle.
8. Que faire ? Reprendre le contrôle, localement
On peut dénoncer le système. Mais il faut aussi agir. Voici des pistes concrètes, à la portée de chacun :
8.1. En tant que consommateur
- Circuits courts : AMAP, vente directe à la ferme, marchés locaux
- Connaître le producteur = renouer la confiance
- Argent qui va directement au travailleur, pas à l'intermédiaire
- Labels fiables : privilégier Bio Cohérent, Demeter, Nature & Progrès (cahiers des charges plus stricts que le Bio UE)
- Boycott citoyen : refuser d'acheter les produits issus de la déforestation
- Applications comme Yuka, Open Food Facts : scanner les codes-barres
- Se renseigner sur les filières (viande, soja, huile de palme)
- Réduire la consommation de viande (pas forcément devenir végétarien, mais manger mieux, pas plus)
8.2. En tant que citoyen
- S'informer : ne pas se contenter des discours officiels, chercher les sources alternatives fiables
- Soutenir les agriculteurs locaux : pétitions, manifestations, achats groupés
- Interpeller les élus : courriers, réseaux sociaux, débats publics
- Leur demander de justifier leur vote sur MERCOSUR
- Exiger la cohérence entre discours écologique et pratiques commerciales
8.3. Souveraineté alimentaire : des exemples qui fonctionnent
Certains pays ont fait le choix de la souveraineté alimentaire plutôt que du libre-échange total :
- Suisse : protège fortement son agriculture, même si ça coûte plus cher. Résultat : qualité élevée, confiance du consommateur
- Japon : taxes élevées sur le riz importé pour protéger sa production locale, considérée comme stratégique
- Cuba : après l'embargo, a développé une agriculture urbaine et biologique par nécessité, devenue modèle
👉 Ce n'est pas de l'autarcie. C'est de la cohérence : protéger ce qui est essentiel (nourriture, santé, environnement) avant de tout sacrifier au profit à court terme.
8.4. Retour aux principes coraniques : économie du partage
L'Islam propose un modèle économique basé sur :
- Interdiction du Riba (usure/intérêt) : l'argent ne doit pas "faire des petits" sans travail réel
- Zakât (aumône obligatoire) : redistribution pour éviter l'accumulation excessive
- Interdiction du gaspillage : consommer selon ses besoins, pas selon ses envies illimitées
- Justice dans l'échange : transparence, équité, absence de tromperie
« Mangez et buvez, mais ne commettez pas d'excès. Allah n'aime pas ceux qui commettent des excès. »
Coran — Al-A'rāf 7:31
👉 Un système économique qui encourage la surconsommation et le gaspillage pour maintenir la croissance infinie est, par définition, contraire à ce principe.
8.5. Construire des alternatives concrètes
- Coopératives agricoles : les producteurs se regroupent, mutualisent les coûts, vendent directement
- Monnaies locales : favoriser l'économie locale plutôt que les circuits financiarisés
- Jardins partagés : en ville, récupérer des espaces pour cultiver (même à petite échelle)
- Éducation alimentaire : apprendre à cuisiner, à conserver, à ne pas gaspiller
Conclusion de cette section :
Le système ne changera pas de lui-même. Mais on peut, individuellement et collectivement, se désynchroniser de ses dérives et reconstruire des alternatives viables.
Ce n'est pas du "survivalisme" : c'est de la cohérence de vie.
Conclusion
Une norme qui ne protège pas le peuple n'est plus une protection : c'est un instrument. Et quand l'instrument sert à écraser ceux qui obéissent, on entre dans un monde à l'envers :
- la règle sans justice,
- la morale sans cohérence,
- le "propre" affiché et le doute importé,
- la balance faussée.
Ce n'est pas un "complot". C'est un système : un enchevêtrement d'intérêts économiques, de lobbies, de lâchetés politiques et de confusions idéologiques.
Mais reconnaître le système, c'est déjà commencer à s'en libérer.
Conclusion brute :
Ce n'est pas forcément "la fin du monde".
Mais c'est la fin d'un ordre : quand la loi ne protège plus, la société se fissure.
À nous de choisir :
- Continuer à subir passivement
- Ou reprendre le contrôle, un acte à la fois, un choix à la fois
Comme les Gens de la Caverne (Sourate Al-Kahf) : quand le système devient invivable, il est parfois nécessaire de se retirer (spirituellement, économiquement) pour préserver sa dignité et sa foi.
« Et quand vous vous serez séparés d'eux et de ce qu'ils adorent en dehors d'Allah, réfugiez-vous dans la caverne : Allah répandra de Sa miséricorde sur vous et vous facilitera une issue confortable à votre situation. »
Coran — Al-Kahf 18:16
👉 Lien final avec Al-Kahf et la fin des temps
⚖️ Que la balance soit rétablie. Que la justice revienne. Que le mensonge soit démasqué.