Les astres invisibles qui aspirent : lecture cosmique de Sourate At-Takwîr (81:15-16)
📑 Sommaire
- Introduction
- 1. Le problème des traductions classiques
- 2. Analyse mot à mot : retour au texte arabe
- 3. Synthèse : trois propriétés indissociables
- 4. Correspondance scientifique moderne : les trous noirs
- 5. Pourquoi ces versets étaient incompréhensibles avant ?
- 6. Le serment divin : un détail clé
- Conclusion
Introduction
Les versets 15 et 16 de la sourate At-Takwîr constituent l'un des passages les plus dérangeants du Coran lorsqu'on les lit avec sérieux, hors traduction édulcorée.
« Je ne jure que par ceux qui disparaissent,
qui voguent (courent) et qui balayent. »
(81:15-16)
Ces versets ne décrivent ni une métaphore poétique, ni un phénomène banal observable à l'œil nu.
Ils pointent vers une catégorie d'objets réels, invisibles, mobiles, et dotés d'un pouvoir d'aspiration.
Autrement dit : un phénomène cosmique précis.
1. Le problème des traductions classiques
Les traductions françaises (et même anglaises) divergent fortement :
- « étoiles qui se couchent »
- « astres qui se retirent »
- « planètes errantes »
- « étoiles fugitives »
Problème :
👉 Aucune de ces traductions n'explique simultanément les trois propriétés du texte arabe.
Or le Coran ne juxtapose pas des mots au hasard. Il empile des qualités cumulatives.
2. Analyse mot à mot : retour au texte arabe
2.1. "Ceux qui disparaissent" — الكُنَّس (al-kunnas)
Racine : K-N-S
Sens fondamentaux :
- se cacher
- se dissimuler
- devenir invisible
- se retirer hors de la perception
👉 Ce mot n'évoque pas un coucher visible, mais une absence totale à l'observation.
➡️ Invisible par nature.
2.2. "Qui voguent / courent" — الجوار (al-jawâr)
Sens :
- se déplacer
- glisser
- courir
- évoluer dans un flux
👉 Il ne s'agit pas d'objets fixes.
👉 Ce sont des entités en mouvement réel, avec trajectoire.
➡️ Dynamique cosmique.
2.3. "Qui balayent" — الكُنَّس (sens secondaire confirmé)
La racine K-N-S désigne aussi :
- balayer
- aspirer
- nettoyer un espace
- attirer vers soi comme un tourbillon
👉 Image claire : ce qui passe est englouti.
➡️ Attraction destructrice.
3. Synthèse : trois propriétés indissociables
Le texte décrit donc des entités qui sont simultanément :
- Invisibles
- En mouvement
- Dotées d'un pouvoir d'aspiration
Il n'existe qu'un seul type d'objet cosmique connu qui coche ces trois cases sans exception.
4. Correspondance scientifique moderne : les trous noirs
Sans forcer le texte, sans extrapolation mystique :
| Propriété coranique | Description | Correspondance scientifique |
|---|---|---|
| Invisible | Impossible à observer directement | Trou noir |
| En mouvement | Se déplace dans la galaxie | Trou noir stellaire / supermassif |
| Aspire / balaye | Capture matière et lumière | Horizon des événements |
👉 Même la lumière disparaît.
👉 Même l'espace-temps est courbé.
Le texte ne parle ni d'étoiles ordinaires, ni de planètes, ni de comètes.
5. Pourquoi ces versets étaient incompréhensibles avant ?
Simple :
👉 Le concept même d'un objet invisible aspirant la lumière n'existait pas.
Pendant plus de 1300 ans :
- pas de relativité générale
- pas de gravitation extrême
- pas de courbure de l'espace-temps
- pas d'horizon des événements
Les traducteurs ont donc fait ce qu'ils pouvaient : ramener l'inconnu au connu.
6. Le serment divin : un détail clé
Le verset commence par :
« Je ne jure que par… »
Dans le Coran, lorsqu'un serment est posé :
- ce n'est jamais décoratif
- c'est toujours sur un signe majeur
- lié à un message fondamental sur la Réalité
👉 Allah jure ici par des entités cosmiques extrêmes, pas par des étoiles banales visibles tous les soirs.
Conclusion
Ces versets ne décrivent pas une poésie céleste.
Ils décrivent une architecture profonde de l'univers, longtemps hors de portée humaine.
Invisible.
En mouvement.
Aspirant tout sur son passage.
Ce que la science a mis des siècles à conceptualiser,
le texte le condense en deux versets, sans formule, sans équation — mais sans erreur.
La question n'est donc pas :
« Est-ce que le Coran parle des trous noirs ? »
La vraie question est :
comment un texte du VIIᵉ siècle décrit-il un phénomène que l'humanité n'a compris qu'au XXᵉ ?
Et surtout :
quels autres signes avons-nous encore réduits à des métaphores par manque de science ?
Allahou A'lam – Et Allah est Le Plus Savant.